Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette onzième interview express, Karim alias Jam Devill a des choses à vous dire…

Bonjour Karim, présente toi en quelques mots ?
Salut..Born in 1973 dans la Cité Phocéenne:Marseille. J’ai grandi au sein d’un quartier planté au ras des collines. Le quartier c’est la base, le tremplin car de là va naitre mon amour pour la sneaker.

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…) ?
De la musique avant toute chose ». La chambre de mes frères était remplie de vinyls et de magazines comme Rock&Folk… Les disques tournaient, je scrutais les pochettes, je tournais les pages, j’avais cinq ans et je matais les baskets, celles de Angus Young, AC/DC (High Voltage) The Ramones (Rocket to Russia) ou Téléphone (Crache ton venin) Je ne savais pas ce qu’était une marque à ce moment là… Plus tard, viendront les 33T de Show Biz &AG,Ultramagnetic Mc’s,Boogie Down Production Puis, comme une évidence par le biais du sport.

Tu as une paire de Reebok ERS 2000 aux pieds, pourquoi ce choix ? qu’ apprécies-tu dans ce modèle ? son côté lifestyle ou son côté rétro running ?
En 1989 je me lance dans la course à pied et je découvre grâce à mon entraineur et avec d’autres pro le côté technique. J’ai appris avec les distances et les supports (cross,route,piste) l’importance de l’impulsion, l’amorti, la répartition des chocs… J’aurais pu choisir une Adidas Torsion ou une Asics gel lyte mais la Reebok ERS est celle avec laquelle j’ai couru mon premier semi marathon (Marseille Cassis). Hommage donc aux cylindres en série horizontales à base de plastique Hydrel qui laisseront place à l’Hexalite et sa structure en nid d’abeille renfermant de l’air comprimé.

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Te souviens-tu de ta première paire?
Spring Court? Dunlop? Un truc avec deux bandes? Une paire en canvas à coup sûr. En 1987 je m’achète ma première paire une Converse Weapon Magic Johnson l’année où il est champion NBA avec les Lakers, il sera élu MVP. Je jouais en club et je découvrais de nouveaux modèles à chaque match, ceux de nos adversaires notamment:Pony, Americana, Ewing, K.Abdul Jabbar, Rivalri HI…C’était une époque magique.

Es-tu un collectionneur ou un passionné ?
J’ai pu être collectionneur. A l’heure actuelle j’ai pris du recul, je suis moins impulsif et donc plus raisonné. Je suis pas non plus collectionneur mais j’essaie de suivre l’actualité, je reste curieux et j’aime rencontrer des passionnés.

Qu’as tu fait de plus fou pour avoir une paire ?
Rien de fou ou d’hilarant. En revanche je vais volontiers dans des lieux dédiés à la sneaker culture: des expos, le Sneakerness ou plus récemment encore le Sneaker ball. Rencontrer, échanger des points de vue, apprendre…

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Tu sembles brandir comme un trophée la Adidas Stan Smith, as-tu une histoire particulière avec cette paire ?
Au même titre que la Nastase, cette Stan Smith fait partie de mon enfance. C’est aussi l’histoire de mon quartier ou personne ne se revendiquait collectionneur..Les grands portaient ça avec leurs survêts Lacoste, Fila, Ellesse ou Tacchini… Tout comme Bob Marley qui dribblait et jonglait en Adidas… Cette paire c’est le trophée d’un esprit vintage, d’une authenticité, d’un produit made in France. Un clin d’oeil à Robert Haillet qui a élaboré le modèle et aux joueurs de tennis auxquelles on s’identifiait :Villas, Mc Enroe, Connors, Lendl. Les mecs scandaient « Adidas c’est la classe »,  à cette époque la marque au swoosh n’avait pas encore autant d’ impact.

Le rétro est à l’honneur chez les marques depuis plus de 10 ans. Que penses-tu de la qualité de ces produits ? Les matériaux ayant évolué, est-ce que les rééditions sont forcément de meilleure qualité que les modèles OG ?
Certes les matériaux ont évolués mais les rééditions de nombreux modèles demeurent de trop mauvaise qualité. Je pense notamment à Jordan Brand..Le rapport qualité prix n’est pas au rendez vous. Aujourd’hui, je ne veux pas me priver de cette évolution, et des avancées sur le plan technologique, je m’oriente donc sans hésiter vers des flyknit ou d’autres modèles qui suscitent moins d’engouement. Quant à la question réédition V modèle OG,je pense que la réponse est donnée plus haut.

Et si on parlait de recel… Penses-tu qu’il permet quelquefois de mettre la main sur des paires impossibles à avoir chez les distributeurs ou en boutiques ? ou le consideres- tu comme néfaste ?
Dans le recel certains excellent et arrivent à mettre la main sur des P.E ou des Samples, ceux qui cherchent ces modèles investissent une somme conséquente et tout le monde y trouve son compte. Parfait. Sinon, le pseudo recel qui se propage à chaque coin de rue est pathétique… Sur les releases actuelles croire que vendre une Jojo ça peut rapporter gros même ma p’tite soeur de 8 ans sait que c’est du pipo. Parfois, il m’arrive de chercher des sneakers devenues rares auprès de resellers et tant qu’ils n’essaient pas de te mettre une cartouche comme beaucoup, je me dis heureusement qu’ils sont là, C’est presque un métier. Il faut avoir des fonds, un sacré carnet d’adresse et des connections aux quatre coins du monde… Et si celui ci peut sembler être néfaste à qui la faute réellement ? Il faut remonter plus haut dans les hiérarchies, les stratégies marketing notamment…

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Le mot de la fin ?
Il faut Aimer CE que l’on aime…Rock’N’Roll Your Kicks. Rester authentique, être ouvert d’esprit et ne pas avoir peur d’elargir ses horizons en matière de sneakers. Il faut Aimer CEUX qui nous sont chers, donc le BISOU A mes Parents/Brothers & Sisters/La Famille/Au Amis et Au Quartier (Néréïdes Bosquet 13011) !!! A vous aussi Lecteurs..Peace!!

Crédit photos: Babylon

S.A