L’ère Jordan fait rentrer Nike dans une nouvelle ère part2

Savez-vous quel est le chiffre d’affaire réalisé par Brand Jordan en moyenne chaque année ? Réponse : pas loin de 3,5 milliards de dollars…

Depuis son lancement en 1985, les Air Jordan ont su créer un engouement planétaire, jusqu’à lors inédit dans l’univers des sneakers. À ce jour, elles sont les plus collectionnées, les plus portées, les plus adulées. Jordan était l’un des seuls athlètes à posséder des dons hors du commun.

Bosseur, gagneur, il était doté d’une rage de vaincre jamais vue jusque-là. Phénoménal dans sa manière de jouer, de penser, de se projeter. Nike créée pour lui la Air Jordan 1 en 1985.

La toute première paire de la gamme Jordan, c’est cette histoire que nous continuons de vous raconter…

Nike Air Ship

De l’or olympique aux parquets de la NBA…

Drafté en 3ème place par les Chicago Bulls au mois de juin 1984, champion Olympique aux JO de LA en juillet, il signe dans la foulée un contrat avec l’équipementier sportif Nike. La marque travaille rapidement à l’élaboration de la AJ1. Mais elle est encore en phase de développement, lorsque Jordan entame la pré-saison.

C’est donc chaussé d’un autre modèle, la Nike Air Ship au coloris blanc et rouge qui figure au catalogue de la marque, qu’il entame le 05 octobre 1984 sa pré-saison contre les Bucks de Milwaukee. Jordan, surmotivé et en quête de gloire se présente pour un match au cours duquel il confirme largement qu’il dispose de toute la panoplie pour affronter les meilleurs joueurs de la ligue.

Pour revenir au modèle, la Air Ship est la deuxième paire basket-ball de Nike à être pourvue d’une bulle d’air (air sole) logée dans la midsole au niveau du talon, tout comme la Mythique Nike AF1. Elle est dotée d’une tige en cuir. Dès le départ Jordan manifeste une certaine insatisfaction car il souhaite une paire plus proche du sol avec une semelle plus affinée à l’instar des Converses qu’il avait l’habitude de porter. La Air Ship dispose une semelle quasi identique à celle de la AF1, ce qui le gêne dans ses sensations de jeu. Le modèle sera ajusté à son envie.

Jordan n’est pas le seul joueur sous contrat à être équipé de la Air Ship, mais les siennes sont des « PE (player edition) » : Elles ont des caractéristiques particulières et adaptées sur mesure, à savoir que l’outsole pour Jordan est moins creusée au niveau du talon, et la midsole est plus affinée comme celle des Nike Dunk. Autre particularité, son modèle était une mid qui n’avait que 8 œillets au lieu des 9 présents sur le modèle classique high.

Nike Air Ship PE

Le 9 Octobre, toujours en pré-saison, Jordan arborera une Air ship au coloris Bred inhabituel (rouge et noir), ce qui constitue une violation de la « 51 rule » qui impose un dress code aux franchises, et qui oblige les joueurs à porter au moins 51% de blanc sur leurs chaussures et en accord avec les couleurs de leur franchise.

En effet, le 18 octobre 1984 au Madison square Garden lors du match opposant les Chicago Bulls, Jordan porte à l’échauffement et pendant le match le même modèle avec ce coloris Bred. Jusque-là rien d’anormal me direz-vous ?

Sauf que cette fois le match a lieu à New York, dans la Mecque du basket qui bénéficie d’une large exposition médiatique. De plus, David Stern le commissionnaire de la NBA est au bord du terrain et scrute de près la paire au coloris dépareillé qui ne respecte pas la règle des 51%.

Courrier adressé à Nike – Nike Air Ship BRED

Nike Air Ship Bred versus Nike Air Jordan1 Bred…

C’est à partir de là que les événements vont prendre une tournure imprévue,qui paradoxalement va contribuer à faire entrer la AJ1 dans la légende. Car, contrairement à ce que la communication de Nike à laisser entendre, c’est bien la Air Ship Bred qui en réalité a été bannie des parquets par la NBA, et non l’emblématique AJ1 Bred qui était encore en phase de développement !

La légende selon laquelle la Air Jordan 1 Bred fut interdite des terrains, et qui valut à Jordan pour l’avoir portée une amende de 5 000 dollars, est une pure fiction !

En effet, puisqu’il va la porter pour la première fois le 10 février 1985 pendant le All-Star Game au cours d’un match d’exhibition. Pour les plus sceptiques d’entre vous, sachez que le 25 février 1985 la NBA enverra une lettre au vice-président de Nike, Rob Stresser, pour lui signaler que Jordan portait une paire rouge et noire le 18 octobre 1984 lors de ce fameux match contre New York, donc la Air Ship Bred !

Il se dit qu’en plus de bannir le modèle, la NBA en interne aurait pris des dispositions et averti la marque qu’elle lui infligerait des amendes pouvant aller de 5000 à 20000 dollars en cas de non-respect répété du code vestimentaire. Toujours est-il qu’on ne revit plus Jordan porter de coloris Bred sur les parquets de NBA.

Nike se servira néanmoins de cette interdiction pour construire son plan marketing à la faveur de la Air Jordan 1, à travers une publicité qui dira : « la NBA l’a interdit, mais rien ne vous empêchera de porter en dehors des parquets… ». Une aubaine pour la marque qui depuis ses débuts a toujours misé sur un marketing astucieux voire atypique.

Jordan dans l’attente d’un nouveau modèle de AJ1 sera amené à porter à nouveau pendant quelques semaines la Air Ship Blanche et rouge…

Prototype AJ1 Chicago – Nike Dunk OG

Air Jordan is born…

Le 17 novembre 1984 avant le coup d’envoi du match à domicile contre les Philadelphies Sixers, les fans du numéro 23 sur le terrain et devant leur écran de télévision ont les yeux rivés sur un étonnant modèle porté par sa majesté : il s’agit de la version presque définitive de la Jordan 1… et le modèle intrigue, de même que son coloris noir, rouge et blanc, nommé« Chicago ».

Le modèle est une version améliorée d’une Nike Dunk composée d’une outsole de la Dunk, intégrant une bulle d’air au niveau du talon de la midsole, qui a elle-même été redessinée et réadaptée à l’outsole. Les zones de flexion sont plus prononcées sur le toe box,un empiècement supplémentaire vient renforcer le maintien latéral. Un laçage asymétrique permet d’améliorer encore la stabilité.

La grande nouveauté repose dans le design du upper : Son encolure est plus aboutie en terme de maintien et aussi de flexibilité. Elle est plus rigide que sur une Dunk, sur laquelle elle fait partie intégrante du upper ; tandis que sur la AJ1, elle est une pièce supplémentaire à part entière.

Le designer de la paire, Peter Moore est également à l’origine du nom « Air Jordan », ainsi que du logo avec les ailes, les fameuses Wings apposées sur le côté extérieur du upper. La légende raconte que ce dernier aurait eu l’idée de ce logo, au cours d’un vol entre Portland et Chicago, en voyant sur la veste d’un enfant, la reproduction des ailes figurant sur les badges des pilotes d’avion. Quel meilleur symbole pour représenter les prestations aériennes de Jordan sur un parquet…

L’effet Jordan commence à se faire sentir, le Chicago Stadium passe d’une moyenne de 6300 spectateurs à 11887 par match.

D’autant plus ses arabesques aériennes le propulse en couverture du célèbre magasine Sports Illustrated avec le titre « A Star is born » 30 jours à peine après son arrivée dans la prestigieuse ligue américaine de basket…

À SUIVRE.

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