Band of Brothers Part 44

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette quarante troisième interview express, Marie a des choses à vous dire…

Bonjour Marie, présente-toi en quelques mots.
Bonjour, je suis Marie, j’ai 31 ans et je vis à Paris. Curieuse de tout, experte de rien, je suis une adepte du « Do It Yourself », partant du principe qu’il ne faut pas se limiter à ce que l’on voit. Tout se transforme, tout peut être amélioré avec de bonnes idées. J’aime aussi beaucoup l’écriture, j’ai tenu un blog pendant plusieurs années et j’ai aussi eu la chance d’être publiée il y a quelques temps.Et surtout je suis tombé sous le charme des Jordan V, ainsi depuis 3 mois je me suis lancée dans le custom.

Quel a été le facteur déclenchant de la passion pour la kicks?
Dans mon cas on ne pouvait pas initialement parler de passion pour la kicks même si finalement j’en porte tous les jours. Je m’intéresse aux Jordan en particulier depuis quelques années maintenant grâce à un proche, mais le déclencheur est plus récent. Il y a quelques temps je ne m’intéressais qu’à leur aspect « visuel ». Ce n’est pas forcément l’histoire de la paire que je porte qui m’intéresse, mais plutôt ce qu’elle sera après être passée entre mes mains car je ne la vois pas avec les yeux d’un fan, je vois son esthétisme (à mon sens) et ce qu’il est possible d’en faire.

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Jordan V customisée par tes soins. As-tu une histoire particulière avec cette paire? Eclaire-nous sur les différentes étapes qui jalonnent la création de ce modèle si particulier ?
De tous les customs que j’ai pu faire c’est largement celle que j’ai préféré penser/créer/porter. Je voulais une paire de cette inspiration depuis que Reebok avait sorti son modèle Freestyle que je n’aime pas plus que ça. Puis entre temps Converse a fait le sien aussi, l’idée s’est donc imposée à moi. La Jordan V étant mon modèle préféré, j’ai pris le temps de faire un croquis (comme quasiment à chaque fois, même si généralement à force de modifications et d’idées le résultat final diffère souvent de l’idée de base). Vient la phase de nettoyage de la paire à l’acétone puis je me suis procurée les fournitures, à savoir commander des patchs Wonder Woman pour transformer l’avant – et découvert quelle galère ça pouvait être pour les fixer – se procurer la peinture qui se rapprochait le plus du CW souhaité, j’ai dessiné les étoiles, posé la peinture et les paillettes. Une fois que j’ai une idée en tête je suis prête à arrêter de dormir pour qu’elle aboutisse, je pense que cela a dû prendre une vingtaine d’heures, et c’est sans doute pour ça que je les aime tant. Ma Jordan V Wonder Woman était prête à conquérir le monde…

 Ton travail de customisation de la Jordan V est soigné, as-tu exercé tes talents sur d’autres surface à part la sneaker ?
Étant créative j’ai toujours eu des crayons ou des pinceaux à la main. Avant de faire du custom, j’ai fait beaucoup de dessin, je travaille le papier sous différentes formes, je couds ou transforme des vêtements, je pratique aussi le nail art… Ces différents « travaux » sur de multiples supports m’ont permis il y a longtemps de comprendre que mes mains étaient mon meilleur outil de travail. J’ai commencé très tôt à développer mon côté créatif, et les années m’ont permis d’acquérir une certaine dextérité dans ce que j’entreprends. C’est d’ailleurs le nail art qui pour moi le plus de points communs avec la customisation, que ce soit pour la technique de pose de couleur, pour la réalisation de dégradé. Et surtout, quand on arrive à faire quelque chose de net sur 1cm², on y arrive aussi bien sur une paire de sneakers.

Te souviens-tu de ta première paire ?
Absolument….. pas. J’ai certainement eu différentes paires pour les cours de sport mais ça ne m’a pas marqué plus que ça. Par contre je me souviens qu’au collège je portais des Adidas Superstar… et que je customisais déjà les 3 bandes à l’aide mes vernis à ongles. Ca craquait, ça ne tenait pas, il fallait faire des retouches régulièrement. Mais personne n’avait les mêmes. Aujourd’hui c’est aussi ce que je recherche dans les paires que je porte puisqu’elles sont toutes customisées. Je me fiche qu’on pense que c’est un fake quand je vais quelque part, je sais qu’elles « marqueront » la mémoire, que ce soit par ce qu’on adore ou parce qu’on déteste.

Qu’est-ce qu’une sneaker pour toi? Un objet utilitaire, du design populaire ou un accessoire de mode qui te confère un style ?
Clairement un accessoire de mode, c’est un élément important de ma tenue au même titre que n’importe quel autre vêtement que je porte. La plupart du temps la paire se suffit à elle seule.
La mode est un éternel recommencement. Comme le jeu des rééditions de sneakers.

Que pense-tu de la mode des sneakers à semelles compensées ?
Pas grand-chose. Je ne trouve ça ni joli ni pratique en fait. Comme toutes les chaussures compensées ça alourdi la démarche. J’ai quand même essayé mais ça manque vraiment de souplesse. Rien de transcendant en ce qui me concerne, autant porter de vrais talons.

Trouves-tu l’offre suffisante en matière de sneakers pour femmes, les marques font elles assez d’effort pour séduire la gente féminine ?
Toutes marques confondues, l’offre est de façon générale assez importante mais je pense qu’il y un réel problème avec les gens qui choisissent le CW des Jordan GS, et de matières aussi. Souvent, combinés l’un à l’autre, c’est immettable, criard, souvent mal assorti. La Jordan IV pink flash me laisse un très mauvais souvenir, tant par sa matière plastique que par son CW (j’en ai d’ailleurs fait une IV black/gold). Les modèles qui sortent directement dans le même CW pour hommes et femmes sont au moins « mettables », même si pas vraiment originaux. Je ne pense pas qu’on demande grand-chose : du cuir et non du plastique, et des CW funs sans être vulgaire.

Le mot de la fin ???
Merci d’avoir pris le temps de faire ma connaissance… et peut être à bientôt pour un custom personnalisé (j’ai tant d’idées en tête…) !

Crédit photos: Babylon

S.A

BackToTop
Sneakers Culture by ILL - 2019 - Tous droits réservés - ML -