Band of Brothers Part 50

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette cinquantième interview express, Myke a des choses à vous dire…

Bonjour myke, présente toi en quelques mots ?
Bonjour, je m’appelle Mickaël mais on me surnomme Myke depuis toujours. J’ai 28 ans, et je bosse sur Paris depuis une dizaine d’années maintenant. Je suis consultant en immobilier de commerce. Depuis maintenant deux bonnes années. Je m’intéresse de près au monde de la sneakers, mais c’est une passion très récente comparée à beaucoup de « Sneakerhead ». Mon pied élastique accueille des paires allant du 6.5 au 7.5US.

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…) ?
La Sneakers pour moi, c’est avant tout un rapport à l’enfance. Le parcours du combattant pour convaincre ma mère de me prendre la paire de mes rêves. Bon soyons honnête j’ai toujours du faire des concessions et je n’ai que très rarement eu la paire que je souhaitais vraiment. J’y suis revenu après mes 25 ans dans ma période « Nostalgie ». Envie Brutale de ranger les costards au placard, et de retrouver un style plus classique. Quand j’étais minot j’adorais les baskets blanches, mais comme je jouais au foot toute la journée, ma mère n’a jamais voulu m’en acheter. Trop salissant… Mon coup de cœur ça avait été les Air Max 1 Full White de 99. J’avais 14 ans à l’époque, et j’en rêvais vraiment. Je les voyais aux pieds des grands, et je les enviais beaucoup. Du coup aujourd’hui, Je les entasse. J’en ai 4 paires, sans compter les rééditions. Je pense que c’est cette frustration de gamin qui m’a poussé aujourd’hui à accumuler les paires de sneakers. Le choix matinal, bien que très compliqué est devenu un vrai plaisir quotidien.

 Tu sembles brandir comme un trophée la AJ IV DB ainsi qu’une Air Max . As-tu une histoire particulière avec ces paires ? Pourquoi ce choix ? qu’ apprécies-tu dans ces modèles ?
Alors oui, impossible de ne choisir qu’une paire, j’en ai donc pris deux pour deux raisons totalement différentes. La première, la Jordan 4 Doernbecher, c’est la première paire vraiment onéreuse sur laquelle j’ai craqué. J’ai été touché par le Programme de l’institut Doernbecher, et je trouvais cette paire vraiment particulière. J’ai profité d’un voyage de mes Parents à L.A pour les envoyer Chez Flight Club. Je vois encore la tête de mon père quand je lui ai donné 1000$ pour une paire de kicks. C’est à ce moment la que la « folie Sneakers » a commencé. A l’époque je ne portais que des Jordans, je les ai toutes revendu pour des Max 1, mais je n’ai jamais pu me séparer de celle la. La seconde paire c’est une Air Max 1 « Jewel ». C’est clairement ma paire préférée, j’ai totalement flashé sur ce modèle et son petit swoosh. Ca me permet également de parler du but que je me suis fixé il y a maintenant un an. L’idée est de réunir l’intégralité des différents modèles de Jewels. Il ne m’en manque plus que 5 à l’heure où j’écris. Mais elles ont une quinzaine d’année et c’est devenu très compliqué à trouver dans ma petite size.

Te souviens-tu de ta première paire?
J’ai le souvenir d’une paire qui a marqué mon enfance. C’était une Air Max Bw « Caméléon ». Elle était violette avec des reflets verts. J’étais complètement fan de ce modèle. J’adorerai la retrouver, même dans un état pitoyable, c’est vraiment LA paire qui à marqué mon enfance. S’ils la rééditent un jour, j’en prend au moins 4-5 paires, histoire qu’elle me suive pour mes vieux jours.

Es-tu un collectionneur ou un passionné ?
Je dirais un peu des deux. Je suis avant tout passionné, je m’intéresse à l’histoire de la Sneakers et pour moi, ce n’est pas uniquement une question de possession. C’est aussi l’occasion d’échanger sur plein de sujets différents avec d’autres passionnés. La possibilité de rencontrer des personnes de tout horizons. S’il y a bien une chose qui nous rassemble tous, peu importe la religion, la couleur de peau, le milieu social ou professionnel, c’est bien notre paire de Basket ! Concernant le coté collectionneur, je pense que c’est ce qui me correspond le mieux. Je ne suis pas un simple consommateur. J’aime mes baskets, et tant qu’elles ne sont pas bousillées, ou remplacées par la même paire neuve, il est hors de question de m’en séparer. J’avoue que c’est un vrai bonheur d’avoir autant de choix le matin.

Pourquoi existe t-il un tel engouement pour la basket de nos jours ?
Je pense qu’encore une fois c’est quelque chose qui est lié à notre enfance. C’est extrêmement important chez les jeunes ce que l’on peut porter à nos pieds, et c’est vraiment l’accessoire qui nous défini le plus. Du coup très tot, les jeunes s’intéressent sans le savoir à la Sneakers. Une fois que l’on gagne nos premiers sous, on a tendance à se lâcher en se faisant vraiment plaisir. Il y a aussi 2 raisons à priori opposées mais qui poussent les gens à acheter telle ou telle paire : La mode d’un coté, et la volonté de se démarquer de l’autre.. Les uns veulent la paire du moment, les autres, une paire qu’ils ne croiseront pas aux pieds de tout le monde. Je me situe plutôt dans la seconde catégorie.

Et si on parlait de resell… Penses-tu qu’il permet quelquefois de mettre la main sur des paires impossibles à avoir chez les distributeurs ou en boutiques ? ou le consideres- tu comme néfaste ?
Haha, le resell, débat récurant chez les Sneakers Addicts. Je ne vais clairement pas faire de langue de bois, d’autant que ça m’arrive de plus en plus. Ca permet effectivement de finir par chopper une paire qu’on veut vraiment et qu’on à raté pour une raison X ou Y. Pour être honnête il n’y a que très peu de releases actuelles qui m’intéresse, le resell est donc pour moi un moyen de profiter de l’engouement autour de certaines paires pour faire des échanges intéressants voir un peu d’argent, dans le but de diminuer la factures des paires que j’achète. Perso, je paye souvent le prix fort, le prix de la rareté, qui est lié tout simplement à la loi de l’offre et de la demande. On a toujours tendance à jeter la pierre sur les reselleurs, mais il ne faut pas oublier, que c’est nous, acheteurs, qui fixe ces prix, si l’on était pas prêt à mettre des fortunes sur certaines paires par pure folie, alors le resell n’existerait pas, ou du moins, pas dans ces proportions. Je ne pense pas que ce soit si néfaste que ça, il fait parti du jeu, et je pense que ce phénomène se calmera rapidement de lui même. Ce n’est pas si simple de revendre des kicks, et beaucoup se retrouvent bêtement avec des paires sur les bras. Ceux la vont vite comprendre que ce n’est pas fait pour eux.

Te considéres- tu comme un sneaker addict ? Ce terme est à la mode, qu’en penses-tu ?
Cette expression est vraiment utilisée à toutes les sauces. Il me semble que dans mon cas personnel, le terme d’addict parait me correspondre assez bien. J’ai tendance à être très compulsif sur mes achats, mais j’ai appris à être plus sélectif. Je me suis fixé quelques priorités, sur lesquelles je saute si le prix n’est pas complètement absurde. Pour le reste je suis devenu plus raisonnable. Mais je pense que pour beaucoup de gens, c’est juste une manière de se donner un genre alors qu’ils n’ont que 8 paires à la maison. Etre un sneakers Addict à mes yeux, c’est « a way of life », tu y penses quotidiennement, à la recherche de la petite perle, ou en attente du prochain colis.

Le mot de la fin ?
L’engouement autour de la basket fait bouger les choses très rapidement en France. Nous avons désormais des évents autours de la sneakers, des vendeurs reconnus, de la customisation de haut niveau « made in France », de plus en plus de personnes s’intéressant de près ou de loin à cette culture. Alors oui le marché change, mais est ce si néfaste que ça ? Pour notre santé financière, sans aucun doute, mais voir notre communauté grandir et se développer me paraît être une très bonne chose pour tout le monde.

Crédit photos: Babylon

S.A

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