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Et si on vous parlait de l’histoire de la Stan smith…

Qui n’a jamais entendu parlé de la Adidas Stan Smith ? C’est la paire qui transcende toutes les générations depuis les années 60. La Stan Smith est la basket iconique à plus d’un titre de la marque Adidas. Elle demeure l’une des paires les plus connues des sneaker addicts et des novices de la basket, et peut-être l’un des modèles les plus célèbres de la planète sneaker. Ce modèle s’est vendu à près de 70 millions d’exemplaires dans le monde depuis son lancement, un record qui est cité dans le Guiness book au point que l’on en néglige son histoire…

Revenons sur la genèse de la paire… La Stan Smith a vu le jour en 1964, Adidas souhaitant créée une paire pour le tennis alors en plein essor. La marque allemande fit alors appel au joueur français Robert Haillet pour superviser sa création. La marque était plutôt connue pour sa forte identité football avec ses chaussures à crampons. C’est donc lui qui va concevoir le premier modèle en cuir de la marque, destiné à la pratique du tennis. La paire sera confectionnée en France à Landersheim en Alsace. Robert Haillet alors numéro 1 du tennis français en sera le porte étendard jusqu’en 1971. En France la Stan Smith fut alors connue comme la Adidas Robert Haillet, reconnaissable à ses lignes épurées, sa silhouette compacte et ses 3 bandes perforées.

En ce qui concerne la description de la paire, nous avons droit à un modèle en cuir aéré, innovant pour l’époque, car à contre courant des paires qui souvent étaient en toile. Sur l’empeigne trois rangées de trous bien alignés permettent au pied de respirer, et nous noterons que la semelle intermédiaire est entièrement cousue à la semelle extérieure, lui conférant ainsi plus de solidité. Le principal attrait de ce modèle résidait dans le fait qu’il était adaptable à tous types de terrains, grâce à son système de protection du tendon d’achille et à sa semelle bien plus épaisse que sur les modèles conventionnels. En effet, elle était dotée d’alvéoles formant un maillage nid d’abeilles permettant une meilleure adhérence ainsi qu’un amorti de premier plan pour l’époque. Pratiquement entièrement blanche, la paire avait pour seules fantaisies sur le talon une pièce de cuir verte avec logo de la marque ; et sur la languette, un pavé vert arborant le nom de la marque, ainsi que celui de Stan Smith, son portrait et sa signature. Cela conférait à la tennis une identité visuelle unique et marquante qui la distinguait de tous les autres modèles. Sobriété, lacets blancs et oeillets métalliques rivetés accentuaient l’impression de solidité de la paire. Ce fut vraiment une des premières paires conçues pour la pratique du tennis de haut niveau. Adidas profitera de la décliner dans de nombreux colorway et aussi un modèle avec un scratch appelé Stan Smith velcro très codifié hip hop. En 2003, une version montante est commercialisée, et en 2007,la paire OG est rééditée sous l’appellation de Stan Smith II. ..

C’est dans les années 1970 que le modèle devient une légende lorsque Adidas signe un contrat en 1973 avec le californien Stanley Smith au style atypique, meilleur joueur du monde ayant remporté les tournois de l’US Open en 1971 et les tournois de Paris et de Wimbledon en 1972 et à l’image bien plus marketing que notre cher français Robert Haillet qui n’incarna la paire que de 1971 à 1974. La chaussure fut rebaptisée Adidas Stan Smith en 1978 et le succès commercial du modèle allait profondément changer les codes… En effet, elle devient dès les années 80 un véritable modèle à la mode, autant sur les cours de tennis que dans les rues et l’une des premières paires à être portée en dehors de toute activité sportive. Et fut même popularisé par les B-boys qui voyaient en elle un attribut identitaire facilement identifiable, tout comme les jeunes de l’époque qui la portait avec un jeans. C’est toujours à cette même période que le modèle connut un pic de notoriété notamment grace aux courants musicaux contestataires du moment, ainsi qu’à la culture skinhead originelle. Les rudes boys de l’époque qui écoutaient le Reggae et le Ska l’avaient adopté et intégré à leur style singulier (Jean levis retroussé sur la cheville, bretelles,… ). Par la suite et par identification, on vit souvent la paire aux pieds de holligans dans les stades.

Ringardisée dans les années 80, la Stan Smith connaît une seconde jeunesse en rentrant dans la pop culture avec l’émergence du hip hop. En 1986, le groupe de Rap Run Dmc avec l’enregistrement du morceau « My Adidas », qui vante le modèle Superstar, transforme la marque aux trois bandes en faisant d’elle le symbole de la street culture. Grace à leur partenariat inédit avec Adidas, Run DMC empoche au passage 1 million de dollars, en faisant de la Stan Smith et de la Superstar les modèles les plus représentatifs du mouvement hip hop. Rapellons ici que lors des concerts de Run Dmc, tout le public se déchaussait pour brandir la paire d’Adidas qu’il avait aux pieds dès que le groupe entonnait le morceau « My Adidas only bring good news » . Traversant de nombreux courants musicaux, la Stan Smith séduira les hard rockeurs qui la portèrent entièrement noires.La marque et la Stan Smith deviennent alors tendance. En France, nous ne sommes pas en reste, le modèle jouit depuis toujours d’une réputation sans égale. D’après le marketing de la marque, la France est le marché où le modèle s’écoule le mieux, soit à près de 70000 paires par an. Mais son succès ne tient pas qu’à ce record de ventes, la Stan Smith marque les esprits en faisant ses premiers pas dans l’industrie musicale française dès 1994 dans le vidéo clip réalisé par Michel Gondry « Je danse le Mia » du groupe de rap IAM, où l’on entend alors cette réplique devenue culte « Stan Smith aux pieds, le regard froid, ils scrutaient la salle, le trois-quart cuir roulé autour du bras… Ray Ban sur la tête… » . Il y eu aussi aussi le rappeur La Fouine qui en 2011 qui alla jusqu’à intituler un de ses morceaux « Stan Smith » en souvenir d’une époque surement vécue … Le septième art s’empara également de la popularité de la paire, notamment en 1995 où on la vit dans le film la Haine de Mathieu Kassovitz avec Vincent Cassel. Pourtant en 2011, Adidas annonça l’arrêt du modèle pour l’année suivante, ce qui laissa sans voix ses aficionados qui l’ appréciaient pour sa sobriété, son confort, et son coté indémodable et transgénérationnel. La Stan Smith a su se fondre et coller à des styles bien différents les uns des autres, séduisant monsieur tout le monde, aussi bien que le sportif ou l’amateur de culture urbaine, les femmes autant que les hommes … Des marques de luxe, comme Marc Jacobs pour Louis Vuitton, créent leur première sneaker fortement inspirée de la Stan Smith preuve que la silhouette du modèle malgré ses 50 ans reste tendance.

En bref, la Stan Smith est la parfaite illustration de la pub Adidas qui dit « Every Adidas has a story ». c’est sans doute pour cela que le 31 mai 2013, la marque fit volte face et annonça cette fois-ci le retour du modèle pour le 15 janvier 2014… La Stan Smith n’a pas dit son dernier mot…. Une histoire à suivre !

Crédit photos: Babylon

S.A

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