Band of Brothers Part 55

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette cinquante cinquième interview express, José a des choses à vous dire…

Bonjour José, présente-toi en quelques mots.
Bonjour, j’ai 36 ans, j’habite dans l’Essonne, un Jordan Addict parmi tant d’autres. Mon pseudo sur le net : 23raisons…

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…)
Je ne pense pas être venu à la sneaker mais plutôt qu’elle se soit imposé à moi naturellement dans mon adolescence même si à l’époque (et il y a peu encore), si on me disait « sneakers », je pensais d’abord à une barre chocolatée. Le sport a toujours été un facteur dans mes choix, que ce soit par la pratique ou encore par l’identification à un sportif. Mais la mode tient tout de même une part importante, arborer les dernières Nike ou Reebok dans la cours d’école le faisait quand même plus que des Atemi. J’ai la chance d’avoir une mère qui se saignait pour me faire plaisir de temps en temps, donc je ne me souviens pas avoir eu des sneakers que je ne désirais pas, même si j’évitais de jeter mon dévolu sur une paire trop hors de prix. (Ca y est, je vais être catalogué comme fils à maman !)

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Air Jordan 1 AJKO. As-tu une histoire particulière avec cette paire ? Pourquoi ce choix? Qu’apprécies-tu dans ce modèle ?
Je n’ai pas d’histoire personnelle ou particulière avec cette paire ou ce modèle. Pour être honnête, avant le release de 2009 de ces AJKO, je n’étais pas fan des Air Jordan 1 en général, dans le sens où je ne me voyais pas avec aux pieds. Mais j’ai un vrai coup de cœur désormais pour tout les modèles AJKO ou autres Air Jordan 1 Phat Premier. Je suis principalement attiré par la matière et la qualité de ces modèles en comparaison avec le cuir des autres release de Air Jordan 1. Au delà de ce coup de cœur « Mode » tardif, je l’ai plus choisi pour ce que la Air Jordan 1,tout modèles confondus, représente à mes yeux. Le choix était trop dur à faire entre des III, des V ou des VI, des modèles que j’affectionne plus que cette AJKO. J’ai préféré choisir une paire et un coloris pour représenter au mieux ma passion pour Michael Jordan.

Te souviens-tu de ta première paire?
Je ne me souviens pas de ma première paire mais j’ai de très bons souvenirs, avec un peu de nostalgie de mes Nike Jim Courier ou encore Reebok Pump Court victory. Je pratiquais le Tennis avant de découvrir Dieux, euh… Jordan, et donc mes premières paires étaient logiquement liées à ce sport. Je me rappelle aussi de mon premier coup de cœur Running, les Nike Air Max 93, je me rappelle surtout les avoir eu grâce une erreur d’étiquetage chez Decathlon qui avait mis quelques paires au prix des Nike Air Pegasus à 350 francs au lieu de 800 francs. Par contre, je me souviens très bien de ma première Jordan, c’était les VII Bordeaux, et ça a coïncidé avec le début de mon addiction.

Es-tu un collectionneur ou un passionné.
En terme de Sneakers, je ne me sens pas collectionneur, je suis avant tout un passionné, la Sneaker n’est qu’une des facettes de ma passion pour Michael Jordan. Après, je suis malgré tout un collectionneur dans l’âme dans ce qui touche à Sa Majesté, Jersey, matchs en DVD, pièces autographiées…

Tu portes de nombreux tatouages, dont un sur le bras droit entièrement consacré à Michael Jordan, saurais-tu nous le détailler ?
C’est un chantier pour lequel j’ai pris et je compte prendre encore mon temps, je viens de le commencer, il est donc en cours et sera surement finalisé qu’en 2015. Cela fait des années que j’avais ce projet en tête, je ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps car un tel projet a besoin d’être mûri et réfléchi. Je ne voulais pas seulement me faire tatouer un portrait, une action ou un jumpman comme il en existe déjà beaucoup. Je voulais quelque chose d’artistique basé sur tout ce que Michael Jordan représente pour moi, aussi bien en terme d’image qu’en terme de mentalité. Un hommage à ce qu’il m’inspire quoi. Le style artistique de l’ensemble du tatouage est un style allemand, le Realistic Trash Polka, mélangeant Noir et gris avec des touches de Rouge et photos réalistes avec du texte et des éléments artistiques. Partant de ce désir, j’ai débuté ce tatouage par la photo représentant sa rage de vaincre, celle des finales 98, sur fond d’un 23 stylisé en coup de pinceau rouge, et sur l’intérieur du biceps, une photo des Air Jordan 1 AJKO pendants comme accrochées à un grillage en fond. Le reste est en chantier, dans un style réaliste, on pourra y trouver une photo du dunk de 87 connue pour être la jacquette de « Come fly with me », et un gros plan réaliste d’un œil de taureau s’inspirant du logo des Bulls. Côté artistique, l’Elephant Print et le jumpman seront présents. Et tous ces éléments s’imbriqueront avec 3 citations que sont : Some people want it to happen Some wish it would happen Others make it happen, I can accept failure but i can’t accept not trying, et Never Quit ! La suite au prochain episode…

Pourquoi un tel engouement autour de la Sneaker aujourd’hui ?
Selon moi, cet engouement, et en particulier celui pour les modèles Retro, est arrivé comme un effet de mode. Pour les plus jeunes, cela reste un effet de mode car beaucoup ignore l’origine ou l’histoire d’une paire. Pire, certains pensent que Jordan est juste une marque « Swag » et ne s’intéressent même pas au sportif… mais pour les plus âgés (pour ne pas dire « anciens »), cela perdure par le fait que cette mode nous renvoie à un souvenir ou une nostalgie du passé. Beaucoup ont toujours connu cet engouement et cette passion, et cet effet de mode a du coup, aussi bien apporté ses avantages par la reédition de modèles chers à nos cœur, mais aussi des inconvénients, par la détérioration des valeurs et des conditions autour de cette passion et son business. Il m’arrive de sentir que cet engouement s’essouffle, en partie, une conséquence de la surconsommation forcée, et du rapport qualité/prix en baisse, mais lorsque je constate quelle guerre c’est à chaque sortie de modèle incontournable, je me dis, que cet engouement a encore de beaux jours.

Tu possèdes une collection impressionnante de rares jerseys signés par Michael Jordan, explique nous comment tu as pu te les procurer ?
J’ai officiellement commencé cette collection en 1993 avec un jersey Authentic Bulls Rouge, pièce à l’époque introuvable en France. Mais c’est en 2005, que j’ai franchi une étape en collectionnant exclusivement des Jersey Procut ou Game Issued, c’est-à-dire des jersey produits pour Michael Jordan, à ses mensurations personnelles, les jersey portés en matchs quoi, et qu’on ne pouvait même à l’époque trouver dans un shop (exception faite après l’arrivée de NIKE en 98 en tant fournisseur officiel NBA). Le monde des jersey est beaucoup plus petit que celui des sneakers, et en 8 ans, on finit par tourner en rond, dealer avec les même personnes, éviter certaines aussi, que ce soit à travers d’enchères ebay ou bien des forum dédiés. J’ai fini par connaitre pas mal de collectionneurs à travers le monde, ce qui m’a permit de mettre la main sur des pièces dont je n’imaginais même pas un jour pouvoir le faire. Avoir dans ses mains des jersey de North Carolina (Sand Knit) de 1983, un BUCS (Wilson) de 1979 ou encore un Bulls (Rawlings) de son année rookie, c’est quand même un sentiment inexplicable, le même qu’un sneaker addict ressent quand il met la main sur une paire rare qui a traversé le temps. Par ma collection, je me suis d’ailleurs souvent senti comme gardien d’un temple. Ca fait toujours plaisir lorsqu’un collectionneur américain, koréen ou australien t’écris pour te dire merci car il se sert de mon site web comme référence lors de ses recherches pour un Legit Check. Mais cette collection a forcément une fin, car acquérir certains jersey est un suicide financier. J’ai frôlé ce cap quand j’ai mis la main sur le Jersey Game Issued du All Star Game 1996 produit à 8 exemplaires. Cette pièce a été mon graal durant de nombreuses années et le jour où je l’ai enfin eu, j’ai compris que je n’irai pas plus loin dans cette addiction. Ma dernière pièce a été le Jersey Game Issued des finales 98, mon « last shoot » quoi. Récemment j’ai entrepris de réduire ma collection, sollicité et harcelé par certains amis collectionneurs, j’ai cédé quelques pièces, préférant être sélectif sur les jerseys pour lesquels j’ai plus un attachement sentimental que financier.

Qu’est-ce que la culture sneaker selon toi ?
La culture Sneaker est avant tout un style de vie basé sur une passion. La sneaker est au centre de celle-ci mais gravite et s’entremêle avec d’autres domaines comme la mode, le sport ou la musique. Je pense que beaucoup ont comme moi un attachement nostalgique à leurs paires, et c’est pour cela que la culture sneaker a encore un bel avenir car tout le monde s’y retrouve avec une approche et une vision différentes.

Es-tu plus sélectif qu’avant ou achètes-tu sur des coups de tête ou des coups de coeur ? Te considères-tu comme un sneaker addict ? Ce terme est à la mode, qu’en penses-tu ?
Mes collègues de travail me prennent sûrement pour un sneaker addict, ou un fou, au choix, mais je ne pense pas l’être. C’est donc un terme que je n’utilise pas car cela renvoi à l’idée d’achat compulsif ou de folie passionnelle. Comme je l’ai déjà dit dans ma présentation, j’assume être un Jordan addict, et les J’s apparaissent logiquement comme la partie visible de l’iceberg car j’en porte presque tous les jours. Mais porter des Jordan est devenu tellement banal dans la rue.
J’ai toujours été sélectif dans mes choix, je n’achète que des modèles aux coloris «classic», c’est-à-dire que je préfère une III True Blue à une III Joker. Il m’arrive tout de même de craquer sur une paire par coup de cœur ou bien par nostalgie, comme pour des Air Max Charles Barkley ou des Air Tech Challenge II d’Agassi.

Le mot de la fin ?
La frontière est très mince entre vivre avec une passion et vivre pour et par sa passion. Savoir faire la part des choses est primordial pour ne pas s’essouffler, surtout avec une passion où le business tient une place importante.

Crédit photos: Babylon

S.A

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